Eoliennes au diesel

Quand l’Allemagne fait tourner un champ d’éoliennes au diesel

Article paru sur lefigaro.fr du 14/8/2013

C’est une version moderne de l’usine à gaz, «made in Germany». Le parc offshore Riffgat devait être inauguré samedi dernier au large de Borkum, une île de la mer du Nord située à la frontière des Pays-Bas. Trente majestueuses éoliennes de 150 mètres au-dessus des vagues ne demandent qu’à produire de l’électricité. Las. Une erreur dans la planification repousse leur inauguration à l’an prochain.

Pour l’instant, le parc ne peut fonctionner. Mais comme l’on craint que les turbines ne soient attaquées par le sel des embruns, il faut faire tournoyer les pales coûte que coûte. Le casse-tête vire au burlesque: des groupes électrogènes doivent en effet apporter l’alimentation nécessaire au refroidissement des turbines et à l’éclairage aérien du parc… Gourmandes, les éoliennes consomment 22.000 litres de diesel par mois. Ces éoliennes ne peuvent pas utiliser le courant qu’elles produisent pour leur propre consommation. Cette énergie est normalement fournie par le continent, mais il manque 15 km de câble à haute tension pour être relié à la terre ferme. Lors des plongées exploratoires, des bombes britanniques ont été découvertes au fond de l’eau. Elles rouillent là depuis la Seconde Guerre mondiale et il faut les désamorcer avant de commencer les travaux. Or, il y a très peu de sous-marins capables d’accomplir ce travail délicat, et tous sont réservés jusqu’au mois de février 2014.

Ces mésaventures illustrent les accrocs de la révolution énergétique décidée par Berlin en 2011. Les installations sont opérationnelles, mais le réseau fait défaut. Du coup, l’énergie verte tourne grâce au bleu pétrole…

Lien vers l’article du Figaro

 

Énergitude et citoyennification

Extrait du site de La Compagnie Générale (www.lacompagniegenerale.fr) :

Deux spectacles en forme de conférences, pour balayer les questions qui se posent à l’humanité en termes d’approvisionnement énergétique : fin du pétrole conventionnel…, choix du nucléaire…, place des énergies renouvelables …. Autant de notions que le professeur aborde du point de vue du scientifique mais aussi de celui du citoyen, avec un humour décapant…
Soit pour la comprendre, soit pour en rire, et surtout les deux ensemble, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce que vous réserve la crise énergétique du XXIème siècle !

Kiddonk Sysnetoua, un chercheur théâtral en physique populaire :
Pour parler des différents aspects de cette crise énergétique, le professeur Sysnetoua s’appuie sur sa connaissance des phénomènes scientifiques et techniques qui régissent la production d’énergie : c’est d’un cours de physique dont il s’agit, mais d’un cours qui s’adresse aux « gens », car le professeur est persuadé que ces questions doivent être débattues par les citoyens concernés et non confisquées par les seuls experts. C’est donc un cours de physique populaire qu’il nous sert… Mais comme il sait à quel point la science peut être sacralisée, sacralisation dont on finit par se demander si elle ne sert pas à éloigner intentionnellement le citoyen qui passerait par-là, il nous sert ses réflexions sur un mode théâtral avec une jubilation moqueuse : ce professeur Tournesol aux accents Coluchiens cherche à aider les gens à devenir durablement intelligent et ça lui fait du bien autant qu’à eux !

Conférence théâtrale « énergitude et citoyennification » (durée 1h30)
Cette conférence développe la notion d’énergie en mêlant le public à ses expériences. Le principe de la conservation d’énergie, la notion d’entropie, les consommations française et mondiale, l’histoire de l’humanité à l’aulne de la quête de cette énergie, le pic de pétrole, le besoin de décarboner nos approvisionnements, la place du nucléaire, le rôle de l’insolation dans la vie terrestre, les perspectives des énergies renouvelables, la place du citoyen dans les débats à tenir, …, tels sont les principaux chapitres de cette conférence !

Conférence théâtrale « débattitude de la nucléarification  » (durée 1h30)
Cette conférence revient sur l’énergie nucléaire pour en donner la compréhension nécessaire aux « gens » et leur permettre de tenir leur place dans les inévitables débats à venir. Découverte de la radioactivité, lien avec la théorie de la relativité, effet de la radioactivité sur le vivant, premières exploitations militaires de l’énergie atomique, naissance de l’atome « civil », politique de développement du parc de réacteurs électronucléaires, petits et grands accidents, perspectives de l’énergie nucléaire,…, tels sont les principaux chapitres de cette conférence !

Auteur et acteur : Jean-Pierre Reinmann est ingénieur. Impliqué depuis 30 ans dans le domaine des énergies renouvelables et de la citoyenneté, comédien par plaisir, il a eu envie d’utiliser le théâtre comme lieu pour « réflérire » sur la crise énergétique qui s’annonce.

Refuges pour poissons

Lu dans Le Monde du 20 juin 2013 :

Récupérer les coquilles vides de la conchyliculture, les utiliser pour fabriquer des récifs artificiels qui abriteront les poissons… perturbés par l’impact de l’implantation d’éoliennes : d’ici à 2015, dans la baie de Seine (Manche), l’idée doit se concrétiser. Le projet, baptisé Recif et porté par l’université de Caen, vient d’obtenir l’aval et le financement de l’Union européenne. L’implantation d’une centaine d’éoliennes, annoncée à l’horizon 2015, sera donc précédée de la mise à l’eau d’autant de mètres cubes de conglomérats de coquillages, « zones refuges » pour les espèces dérangées.

Si le processus fonctionne, cette implantation pourrait donc augmenter les ressources de pêche « et potentiellement compenser l’impact négatif des énergies marines », poursuit M. Claquin. Pourtant les éoliennes elles-mêmes, de même que les épaves, jouent le rôle de récifs artificiels. Le long des côtes allemandes, des homards menacés ont même élu domicile à leurs pieds. « Mais c’est la construction, par le bruit et les déplacements de sédiments qu’elle entraîne, qui perturbe les écosystèmes », précise le chercheur.


Pour lire l’intégralité de l’article : http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/20/des-recifs-artificiels-pour-abriter-les-poissons-perturbes_3433816_3244.html

 

Des algues au p’tit dej’ !

DCIM105GOPROProduire des micros-algues pour l’alimentation humaine. C’est le pari du Gaec du Cormier, près de Redon, en Ile-et-Vilaine. Les éleveurs laitier et de jeunes bovins viande, sont en train de construire une unité de méthanisation qui chauffera des bassins de spiruline.

D’une puissance de 250 kW, l’unité sera alimentée par des effluents d’élevage, des tontes de pelouse, par du marc de pomme, soit 11 000 tonnes au total. Le moteur de co-génération  produira de l’électricité, revendue à EDF, et de la chaleur pour trois maisons et la production de micro-algues. L’eau d’un bassin de 1000 m2, recouvert de 1500 m2 de serre, sera chauffée à 35 °C.

Deux à trois fois par semaine, les algues seront filtrées, séchées et conditionnées par les agriculteurs. Ils vendront les boîtes de paillettes directement à des magasins spécialisés. Cette cyanobactérie contient plus de 65 % de protéines et est riche en fer. Elle est vendue comme complément alimentaire ou bien en alimentation animale pour remplacer le soja.

Bornes anti-2CV

L’Ile d’Yeu, au large de la Vendée, connaît depuis quelques années une mode peu écologique. Ses nombreux résidents secondaires ont pris l’habitude de rouler en 2 CV, 4L ou autre Méhari. Des véhicules « vintage » fort sympathiques certes, mais gros consommateurs de carburant. Et même si l’île possède son propre stockage, l’objectif est de réduire les consommations. Le maire de l’Ile d’Yeu, Bruno Noury, avec son conseil municipal, a donc cherché une solution. Il faut savoir que l’île détient déjà un réseau dense de bus et que tout est fait pour encourager les déplacements à vélo. Toutefois, la voiture reste parfois indispensable. Les élus ont donc décidé de favoriser le véhicule électrique en équipant l’île de bornes de recharge. Aujourd’hui, quatre postes sont en place, financées à 80% par le syndicat d’énergie de la Vendée, le Sydev. Et les achats de Zoé et autres voitures électriques ont suivi : on en compte déjà cinquante, dont les deux tiers appartiennent à des particuliers, le reste aux professionnels et institutions. Le prix très élevé du carburant justifie largement cet engouement.

Le problème reste l’origine de l’électricité : essentiellement nucléaire l’été (centrale de Chinon) et fossile l’hiver (fioul). Le conseil municipal et le Sydev ont pourtant tout fait pour équiper l’île en énergies renouvelables (la zone est la plus ventée et la plus ensoleillée des Pays de la Loire). Mais les projets de parcs photovoltaïques sur d’anciennes décharges ont tous échoué en raison du classement en site naturel de l’intégralité de l’île. Un projet d’éolien en mer tout proche a également capoté mais l’île reste dans la course dans le cadre de l’appel d’offres en cours. Donc aujourd’hui, même si l’île compte une multitude de panneaux solaires sur les toits des particuliers et des bâtiments publics, il reste encore du travail pour atteindre l’autonomie électrique.

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La revanche du bacon !

Dans les égouts de Londres, de nombreux résidus graisseux des restaurants coagulent et forme des montagnes de graisses. Une équipe de spécialistes doit régulièrement nettoyer ces déchets. Cette liposuccion en sous-sol coûte 1 million de livres (1,17  million d’euros) par mois.

Dorénavant, la graisse du bacon et autre huile de friture alimenteront une centrale électrique à l’est de la capitale. Ce sera la plus grande centrale de ce type au monde. Elle produira 130 GWh d’électricité renouvelable par an, assez pour couvrir les besoins de 40 000 maisons de taille moyenne. Tous les jours, 30 tonnes de déchets graisseux seront collectés dans les 100 000 restaurants de la capitale.

En service en 2015, la centrale alimentera en électricité une station d’épuration et une usine de dessalement d’eau de mer.

http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/business/energy_and_environment/article1241543.ece

Le photovoltaïque à l’école

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Comment fonctionnent les panneaux solaires ? A quoi sert un onduleur ? Pourquoi est-il important de favoriser les énergies renouvelables ? Comment calculer et comparer les productions électriques journalières ? Voici quelques exercices demandés aux élèves des écoles de Bourguébus, St-Aignan-de-Cramesnil et Garcelles-Secqueville, au sud de Caen (Calvados).

Car les écoles de ces bambins ont la particularité d’être couvertes de panneaux solaires photovoltaïques qui appellent de leur part de nombreuses questions.

Or, si l’aspect technique est important, il est tout aussi passionnant de se pencher sur le mode de financement de ces installations. L’histoire est racontée sur le site du fonds Energie Partagée. En voici un extrait :

« La SCIC Plaine Sud Energies va donc s’ouvrir aux financements citoyens locaux. Pour devenir réel, ce projet doit collecter environ 30% du budget total pour pouvoir prétendre à un prêt de la banque (La Nef). Tout le monde y met de sa poche, des habitants aux élus en passant par des entreprises. Quelques centaines d’euros par ici, quelques milliers par là…

Pour boucler le projet, Plaine Sud Energies fait appel à Energie Partagée qui va financer le restant – 50 000 euros – grâce aux souscriptions de milliers de personnes partout en France.

Une fois les fonds réunis, les toits ont pu être installés, pendant les vacances bien sûr (celles d’été pour l’école de Bourguébus, celles de la Toussaint pour les deux autres). »

Et l’inauguration de ce beau projet citoyen a eu lieu le 18 mai dernier !

Les Eoliennes, un habitat insolite

Grâce à l’implantation d’un parc éolien à 70 km des côtes germano-hollandaises, le homard pourrait à nouveau se développer vitesse grand V.

Il y a un demi-siècle, l’île d’Heligoland abritait une importante population de crustacés. Mais pendant la seconde guerre mondiale, une forteresse militaire remplaça les élevages de poissons. L’île fut bombardée par les Alliés puis utilisée pendant cinq ans comme champ de tirs. C’est aujourd’hui un site touristique. La population de homards a diminué de 90% par rapport à celle de 1943.

Le parc éolien de Borkum Riffgat pourrait offrir un nouvel habitat aux homards. Les fondations en pierre sont idéales pour creuser leur « terrier » et pondre des œufs. C’est pourquoi, des biologistes de l’institut Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine ont élevé 3 000 homards et vont les relâcher, au sein du parc éolien.

L’Allemagne prévoit le développement de 5 000 parcs éoliens pour 2030. Si le projet réussit, les homards pourraient pulluler en mer du Nord !

Source : Reuters

Du biogaz sur le plus haut sommet du monde

L’Everest est souvent synonyme d’exploits alpins, dans des conditions climatiques extrèmes. Mais la plus haute montagne du monde possède une face cachée.

Les camps de base des alpinistes regorgent de déchets, en particulier des excréments humains. Les Sherpa sont obligés de porter ces déchets dans d’immenses fosses ouvertes, au village de Gorak Shep. Avec plus de 12 tonnes d’excréments par an, la communauté Sherpa est à cours d’espace. Sans compter que les matières fécales polluent l’eau des villageois.

Gary Porter, un grimpeur américain, et un groupe d’ingénieurs bénévoles, ont eu l’idée d’installer une unité de méthanisation pour transformer les excréments des grimpeurs en méthane, qui servira de combustible pour cuire les aliments des villageois.

Des conditions extrêmes

Mais l’aventure est complexe : comment faire fonctionner un réacteur à biogaz à plus de 5000 m d’altitude ? Les températures sont en dessous de zéro la majorité de l’année, alors que le méthaniseur doit être chauffé au minimum à 30 °C pour que les bactéries dégradent la matière.

Les excréments humains sont pauvres en carbone et en azote et ne permettent pas de produire assez de méthane pour chauffer le digesteur et cuire les aliments. Les ingénieurs ont donc décidé d’installer des panneaux solaires pour chauffer un réservoir d’eau, qui maintiendra le digesteur, enterré sous terre, au dessus de 30 °C. Pour rendre les choses encore plus difficiles, tous les matériaux de construction doivent être acheminés pendant un à cinq jours sur un animal ou à dos d’homme.

Si les grimpeurs de Seattle arrivent à faire fonctionner le digesteur, comme prévu en 2014, ils sauveront l’éco-système du site et améliorons la vie quotidienne des Sherpa.

Une aventure à suivre…

Source : http://news.nationalgeographic.com/news/energy/2013/05/130515-mount-everest-biogas-energy/

 

De l’or noir sur nos trottoirs

Les crottes de chiens qui jonchent les trottoirs vous dégoutent ? Votre facture d’énergie vous déprime ? Gary Downie, un entrepreneur britannique, pourrait bien avoir la solution à ces deux problèmes. Son idée : transformer les déjections canines en énergie grâce au processus de méthanisation (production de biogaz par fermentation). L’entreprise Streetkleen Bio affirme pouvoir allimenter jusqu’à 60 foyers en même temps en utilisant cette méthode. « L’idée est d’amener les gens à voir au-delà de l’effet « beurk et de considérer ces déchets comme une matière première ayant une valeur économique mais aussi un bénéfice social en rendant les communes plus saines, » explique Gary Downie. Celui-ci prévoit également la création d’une application pour Smartphone qui permettra aux piétons malchanceux d’indiquer où ils ont rencontré une crotte. « Les crottes sur les trottoirs sont la première raison de plainte aux autorités locales. Notre idée était d’appeler cette appli Clean Responsible Application, ou « Crap ». Mais nous allons peut-être devoir changer de nom…, » s’amuse Gary Downie.

Source : www.lepetitjournal.com/londres